Dès lors qu'une personne meurt, que chez lui ou à l'hôpital, son corps subit durant plusieurs jours de nombreux rites.
En premier lieu, on cache son corps pour qu'il ne soit pas vu ou aperçu par un étranger à la famille. Un proche lui ferme les yeux et le couvre . Puis on averti la famille éloignée en envoyant des messages dans toutes les directions . Ensuite la troisième étape est la toilette mortuaire, qui se fait dans la maison du mort ou de ses parents, sur un lit de cordes tressées . Le fundi (maître de la toilette) pratique deux toilettes chez l'homme et trois pour la femme notons que si c'est une femme qui est morte, se sont des femmes qui s'occupent de son corps . L'eau de le toilette est recueillie à travers le lit sur un carré de terre non cimenté réservé spécialement pour ça dans toutes les maisons. Le cadavre est ensuite enveloppé nu, dans un linceul blanc, enroulé dans une natte et posé sur le lit mortuaire, recouvert de tissus et conduit à la mosquée (par les hommes). Les femmes restent à la maison pour prier . Les chants et les prières pendant le transport du corps et à la mosquée diffèrent selon le rite. Seuls les hommes l'accompagnent au cimetière . La tombe est creusée en direction de la Mecque . On dépose le cadavre couché sur le côté droit dans une sorte de tranchée creusée au fond de la tombe pour éviter qu'il ne tombe sur le dos . La tombe est fermée avec une planche sur le corps , puis de la terre. Un caillou est disposé au milieu lorsqu'il s agit d'une femme. Rappelons que lorsqu'un enfant meurt, étant considéré comme un ange, il est enterré dans un cimetière réservé aux enfants.
Quand la tombe est couverte, le cheikh « réveille » le mort en jetant de l'eau (qui tombe sur son oreille droite) et en l'interpellant par le nom de sa mère pour s'assurer de son identité, puis il donne à l'âme du mort des outils nécessaires pour répondre aux questions des anges de la mort, Moukar et Nakir (il s'agit d'une sorte de viatique) qui vont venir l'interroger, le juger et décider de l'envoyer au paradis ou en enfer ou au purgatoire .
Mais l'enterrement ne s'arrête pas là , et c'est de nouveau l'aspect communautaire qui joue. En effet, la famille se doit d'offrir aux présents plusieurs repas : un le soir même, un second le troisième jours, un troisième le neuvième jour, et enfin un quatrième à la mosquée le quarantième jour. Sans oublier le Madziho, qui représente les « grandes Funérailles ». C'est une cérémonie que la famille se doit de faire, mais qu'elle peut repousser si elle n'a pas les moyens de la faire . Ces repas sont évidemment accompagnés de cérémonies religieuses . La communauté aide la famille dans ses dépenses car elles sont très coûteuses par rapport à leurs revenus
(cf. partie économie).
Photographie : Enterrement