SOMMAIRE

La mort à Mayotte

Sommaire

1 Introduction

2 Perception de la mort
a) les rites
b) les tombes
c)conclusion1

3 Impact économique
a)questionnaire à la société Panchbaya
b)Interview de Mr Abdou Mohamed
c) prix d'un enterrement
d)conclusion2

4 Conclusion

5 Remerciements
# Posté le vendredi 30 décembre 2005 08:31
Modifié le jeudi 05 janvier 2006 12:50

INTRODUCTION

INTRODUCTION
Depuis des millénaires, la mort fascine et intrigue, à cause du mystère qui l'entoure. D'ailleurs, on retrouve des traces de rites funéraires datant du Paléolitique Moyen (qui commence entre 80000 et 50000 ans avant Jésus-Christ), mais la certitude de leur existence n'est vraiment apportée qu'avec l'Homme de Néandertal. En effet, on a retrouvé de vraies sépultures en Irak, datants de cette période. Notons toutefois que l'apparition des rites funéraires (corps repliés, saupoudrés d'ocre rouge, etc... à l'époque de l'Homo Sapiens) est indissociable de celle de la spiritualité.
Mais, en fin de compte, qu'est-ce que la mort ? Sa définition biologique est la cessation définitive des fonctions vitales.
Ici à Mayotte, île à majorité musulmane, la mort est vue de manière différente de celle de la métropole. Comment la notion de la mort entre elle dans l'aspect culturel de cette île ? Quel est l'attrait économique que suscite la mort ?
Aprés avoir étudié comment la mort est perçue dans la culture mahoraise, nous examinerons l'intervention de son aspect économique dans un enterrement.


Photographie : Entrée du cimetière de Chirongui
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# Posté le vendredi 30 décembre 2005 08:34
Modifié le mardi 26 juin 2007 00:53

PERCEPTION DE LA MORT

Dans toutes les communautés la mort a des impacts sur la religion et sur les interactions entre les individus . Quels sont ils ?


Tout d 'abord, la notion de la mort est très importante dans la religion musulmane . En effet, la vie « terrestre » n'est considérée que comme une étape avant la vie « éternelle » . A ce titre, la mort n 'est qu' un passage d'un monde à l'autre .
Cependant, il existe des interactions entre les morts et les vivants : par l'intermédiaire des rêves, ces derniers considèrent avoir des nouvelles de leurs parents défunts, et ainsi pouvoir les aider en « cas de besoins » . En effet , d'après Sophie Blanchy-Daurel, dans LA VIE QUOTIDIENNE A MAYOTTE, les rencontres faites en rêve entre vivants et morts sont interprétées par les vivants comme des métaphores : si le défunt a l'air en bonne santé, ça va, mais s'il apparaît comme étant malheureux, son parent vivant s'empressera de faire des prières et des cérémonies pour lui. Ces devoirs envers les morts rappellent les vieilles traditions africaines et malgaches du culte des ancêtres.
De mêmes, la mort est considérée comme une seconde naissance , et les rites entre la naissance et la mort sont extrêmement proches. En effet, on retrouve les mêmes gestes lors d'une naissance que lors d'une mort. Le premier geste dans les deux cas est la toilette , puis vient l'enterrement et dans le cas d'une naissance, de la mise en terre du placenta , car l'enterrement du placenta est une très forte image de l'enracinement tellurique de l'individu . La croyance populaire dit que les mauvais sorts seront détournés de l'enfant, et que ce dernier sera aidé par les esprits du lieu (les djinns) .
Ensuite, contrairement à la religion chrétienne où la mort est individuelle, dans la religion musulmane, le mort appartient à la communauté, c'est à dire non seulement à la famille mais surtout au village. Ainsi les rites religieux lors d'un enterrement sont extrêmement liés à cet aspect communautaire.
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# Posté le vendredi 30 décembre 2005 08:36

Les rites

Les rites
Dès lors qu'une personne meurt, que chez lui ou à l'hôpital, son corps subit durant plusieurs jours de nombreux rites.
En premier lieu, on cache son corps pour qu'il ne soit pas vu ou aperçu par un étranger à la famille. Un proche lui ferme les yeux et le couvre . Puis on averti la famille éloignée en envoyant des messages dans toutes les directions . Ensuite la troisième étape est la toilette mortuaire, qui se fait dans la maison du mort ou de ses parents, sur un lit de cordes tressées . Le fundi (maître de la toilette) pratique deux toilettes chez l'homme et trois pour la femme notons que si c'est une femme qui est morte, se sont des femmes qui s'occupent de son corps . L'eau de le toilette est recueillie à travers le lit sur un carré de terre non cimenté réservé spécialement pour ça dans toutes les maisons. Le cadavre est ensuite enveloppé nu, dans un linceul blanc, enroulé dans une natte et posé sur le lit mortuaire, recouvert de tissus et conduit à la mosquée (par les hommes). Les femmes restent à la maison pour prier . Les chants et les prières pendant le transport du corps et à la mosquée diffèrent selon le rite. Seuls les hommes l'accompagnent au cimetière . La tombe est creusée en direction de la Mecque . On dépose le cadavre couché sur le côté droit dans une sorte de tranchée creusée au fond de la tombe pour éviter qu'il ne tombe sur le dos . La tombe est fermée avec une planche sur le corps , puis de la terre. Un caillou est disposé au milieu lorsqu'il s agit d'une femme. Rappelons que lorsqu'un enfant meurt, étant considéré comme un ange, il est enterré dans un cimetière réservé aux enfants.

Quand la tombe est couverte, le cheikh « réveille » le mort en jetant de l'eau (qui tombe sur son oreille droite) et en l'interpellant par le nom de sa mère pour s'assurer de son identité, puis il donne à l'âme du mort des outils nécessaires pour répondre aux questions des anges de la mort, Moukar et Nakir (il s'agit d'une sorte de viatique) qui vont venir l'interroger, le juger et décider de l'envoyer au paradis ou en enfer ou au purgatoire .

Mais l'enterrement ne s'arrête pas là , et c'est de nouveau l'aspect communautaire qui joue. En effet, la famille se doit d'offrir aux présents plusieurs repas : un le soir même, un second le troisième jours, un troisième le neuvième jour, et enfin un quatrième à la mosquée le quarantième jour. Sans oublier le Madziho, qui représente les « grandes Funérailles ». C'est une cérémonie que la famille se doit de faire, mais qu'elle peut repousser si elle n'a pas les moyens de la faire . Ces repas sont évidemment accompagnés de cérémonies religieuses . La communauté aide la famille dans ses dépenses car elles sont très coûteuses par rapport à leurs revenus (cf. partie économie).

Photographie : Enterrement
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# Posté le vendredi 30 décembre 2005 08:37
Modifié le mardi 26 juin 2007 00:53

Les tombes

Les tombes
Notons aussi qu'il existe plusieurs sortes de tombes . La plus précaire a simplement ses contours balisés par des pierres (A) . Si elle est récente, de la terre et des végétaux seront disposés dans l'enclos (B). Une tombe du second type est ceinte d'une maçonnerie en parpaing mais le centre reste ouvert, avec parfois un dosseret à l'emplacement de la tête, qui peut être soit arrondi, soit sous forme triangulaire (C).
(NB : on assiste à un phénomène d'ostentation, c'est à dire que plus les gens vont être riches, plus ils auront une tombe « évoluée ». De plus, lorsque quelqu'un a eu une grande influence, il peut être enterré près de le mosquée.)

Photographie : Montage avec les differentes formes de tombes
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# Posté le vendredi 30 décembre 2005 08:38
Modifié le vendredi 06 janvier 2006 05:27